3 étapes pour se reconstruire après un burnout

Peu de gens s’intéressent réellement au Burnout à moins d’y être confrontés eux-mêmes ou d’avoir un proche dans cette situation. Toujours est-il que, quand cela arrive, rien ne vous y a préparé !

Vous êtes touché par un mal mystérieux sur lequel vous n’avez pas prise … au début en tout cas. Votre reconstruction se fera pas à pas. Sa durée est variable. Elle semble même très longue mais dès qu’une étape est franchie on ne revient pas en arrière. C’est un chemin sur lequel on avance, on s’y arrête parfois mais on ne recule jamais. Et même si on est pressé d’arriver à la fin et que l’on pense que ça ne va jamais assez vite, on s’en approche chaque jour, pas à pas. Connaître le processus de reconstruction et savoir où on en est, est important. Cela permet de se situer et de se voir avancer.

Un processus insidieux.

Il est difficile d’identifier le moment précis où le burnout se déclare. Il s’installe progressivement et insidieusement. On ne le remarque pas d’autant plus qu’il touche généralement les personnes « fortes » qui sont capables d’aller au-delà des « petits » désagréments dus au stress.

Mais, il continue inéluctablement sa progression. Le corps envoi des alertes, de plus en plus fortes. Cependant, on ne les voit pas ou on ne veut pas les voir.

Finalement, le burnout s’est bien installé. Il a tout consumé. Il vous a épuisé physiquement, mentalement et émotionnellement. Votre corps ne vous permet plus d’avancer. C’est le choc !

L’arrêt de travail est inévitable. C’est aussi le premier pas de votre reconstruction.

Une reconstruction étape par étape.

Les étapes de la reconstruction peuvent être présentées de manière plus ou moins détaillées selon les spécialistes et les auteurs. D’après mon expérience et les échanges que j’ai eus avec d’autres personnes qui sont passées par-là, la reconstruction se fait par palier. La durée de chacun d’eux est variable mais lorsqu’on en a franchi un cap on ne revient pas en arrière.

La difficulté, quand on vit cette situation, est de prendre conscience que, malgré toutes les souffrances endurées et la lenteur du processus, on avance quand même. Cette impression de stagner est renforcée par la volonté de redevenir tout de suite la personne que l’on était avant. Mais, il s’agit ici de vous reconstruire entièrement. Il faudra choisir avec beaucoup d’attention chaque pierre que vous poserez pour reconstruire votre édifice.

Pour simplifier, je résumerais le processus en 3 grandes étapes : l’arrêt, la récupération, le retour de l’envie. Chacune d’elle étant associée à de nombreux petits progrès et avancées.

1. La phase d’arrêt

Il s’agit probablement de la plus pénible. Le mot choc n’est pas assez fort pour décrire cette étape. Vous êtes est subitement arraché de votre environnement professionnel. Les premiers jours ou les premières semaines, il vous est impensable, inacceptable de ne pas travailler. Vous luttez encore.

Ce moment est également associé à des émotions très fortes : la colère, la honte, la tristesse, la peur. Vous vous sentez perdu, vous ne comprenez pas ce qui vous arrive, vous êtes assailli d’angoisses.

Ensuite, petit à petit, vous vous rendez compte que c’est votre corps qui mène la danse. Ce n’est plus vous. Il ne vous permet plus de travailler, ni de faire quoique ce soit d’ailleurs. Vous finissez par accepter votre incapacité d’action.

Ne faites rien !

La phase de repos qui consiste à … dormir, ne rien faire, encore dormir et se nourrir. Pour une personne qui s’est toujours beaucoup investie professionnellement cela ressemble à une terrible punition. Dans votre référentiel, l’oisiveté est presque associée à un péché. Ne rien faire va à l’encontre de vos valeurs. Vous allez donc encore lutter quelques temps avant de finalement lâcher vos croyances. Vous allez apprendre à vous reposer sans culpabiliser.

Cette étape est importante car vous commencez alors à prendre conscience que vous devez vous occuper de vous et qu’il ne s’agit pas d’égoïsme mais bien d’une nécessité. De plus le sommeil est votre meilleur allié. Il va recharger progressivement l’organisme, lui permettre de se détendre et constitue le meilleur moyen de réduire le stress. Cela dit, il est aussi fréquent de connaître des périodes d’insomnies qui vous minent la nuit et vous empêchent de vous reposer. C’est pour cela qu’à cette étape se lever tard ou dormir durant la journée est normal et même vivement conseillé. Votre corps doit se recharger et c’est en dormant qu’il le fera !

Objectif : zéro objectif !

Les pensées restent néanmoins encore orientées vers le retour au travail. Vous vous fixez des objectifs de retours : dans un mois, après l’été, après les fêtes. Cela ne vous aide pas ! Au contraire ! Vous vous mettez une pression supplémentaire en visant une date de retour. Chaque fois que vous constatez qu’elle est repoussée cela ne génère que de la frustration et un sentiment d’échec qui vous mine davantage. A un moment donné vous vous en
rendrez compte, vous ne ferez plus de projection de retour vous vous focaliserez sur le moment. C’est l’une des clés de votre reconstruction.

2. La phase de récupération

Lorsque le corps a bénéficié de suffisamment de repos, commence la phase de récupération. L’énergie revient petit à petit. Mais attention ! Il ne s’agit pas d’en profiter pour redevenir active ou pire, de retourner travailler.

Pendant des mois, peut-être même des années, votre corps a été mis à rude épreuve. Vous avez dépassé (sans vous en rendre compte) toutes les limites acceptables pour votre corps. Et ce, avec une efficacité redoutable ! Votre corps a donc décidé de reprendre les commandes en s’arrêtant, temporairement…

Votre corps vous teste…

Si vous l’écoutez et que vous vous reposez, il reprendra progressivement « confiance ». Mais pas totalement. Alors il teste. Il vous donne un peu d’énergie et surveille ce que vous en faites. Si vous vous lancez dans des activités avec la même fougue que dans le passé, il stoppe net cette tentative et vous replonge dans la fatigue. Si, au contraire, vous apprenez
progressivement à gérer votre niveau d’énergie et agissez de manière responsable et modérée, vous êtes sur la bonne voie…

Bougez !

Vous pourrez profiter de ce regain d’énergie pour renouer avec une activité sportive (juste pour le plaisir pas pour dépasser un quelconque record !!!). Par exemple, une simple promenade en forêt vous fera un bien fou !

L’activité physique présente de nombreux avantages.  Elle vous amène à sortir de chez vous à rencontrer des gens, à reprendre contact avec la nature, à vous faire prendre conscience de votre corps. Elle stimule la production d’hormones naturelles (dopamine, sérotonine, endorphines,…) qui provoquent une réaction de détente de l’organisme.

Faites-vous plaisir !

La phase de récupération est une étape essentielle de votre reconstruction. C’est à ce moment-là que vous apprenez à vous faire plaisir. Au-delà de la satisfaction immédiate que vous éprouvez chaque fois que vous en faites l’expérience, vous mettez en place de nouvelles habitudes. Elles sont certes nécessaires à votre rétablissement mais vous posez les jalons pour votre vie future.

Sortir d’un burnout c’est bien, tout faire pour que ça ne vous arrive plus jamais, c’est mieux !

Rétablissez l’équilibre !

A cette étape, vous apprenez à vivre la vie dont vous avez besoin : indépendamment des attentes et du regard de qui que ce soit. Toutes les sphères de votre vie seront impactées : revues, corrigées, améliorées.

  • La sphère familiale
  • Les amis
  • Les hobbies
  • L’attention que vous portez à vous-même

Au lieu d’avoir une vie presqu’exclusivement centrée sur votre travail chaque sphère reprendra sa juste place. Tout cela prend du temps. Mais le secret d’une reconstruction efficace et durable dépend du temps que vous passerez à rétablir cet équilibre.

Vous redécouvrirez ou réinventerez votre rôle de parent, d’épou(x)se. Vous vous rendrez compte que vous avez des amis fidèles sur qui compter. Vous ferez le tri aussi. Il n’y aura plus de place pour les personnes négatives et toxiques, véritables aspirateurs à énergie. Et puis surtout, vous apprendrez à vous faire plaisir à vous. Cela vous semble probablement difficile d’imaginer avoir du plaisir quand on vit une telle situation, ou même de savoir comment se faire plaisir. Ce n’est pas pour rien que vous en êtes arrivé là. Mais la bonne nouvelle c’est que vous irez de découverte en découverte.

3. Le retour de l’envie

Et puis un jour, l’énergie revient … suivie de peu par l’envie de revenir à la« vie active ». En ce qui me concerne, elle est revenue du jour au lendemain.

Pouf ! … comme elle était partie.

Préparez-vous !

La reprise du travail est envisageable. Cependant, une réflexion fondamentale s’impose quant aux conditions de travail.

Il faudra en aborder les différentes dimensions et s’assurer qu’elles sont favorables à un retour sain : le temps de travail, sa nature, le lieu, …
Vous aurez appris énormément sur vous durant le processus de reconstruction.
Tenez-en compte pour définir clairement vos limites et vos envies !

Vous retournez sur votre ancien lieu de travail ? Attendez-vous aux questions et remarques des collègues. Il est bon de préparer une brève explication et surtout d’expliquer de quoi vous avez besoin.

Vous décidez de tourner la page et changer d’employeur, de métier ou même de statut ? Prenez votre temps et adressez-vous à des professionnels !

Beaucoup se demandent s’ils doivent parler de leur burnout à leur nouvel employeur. Je n’ai pas de réponse toute faite car cela dépend d’une personne à l’autre. N’oubliez pas que lors d’un entretien de recrutement, l’employeur ne choisira que le meilleur. Il faut en tenir compte. Si vous souhaiter jouer la carte de la franchise, aborder le sujet en mettant en avant tout ce que vous en avez retiré (meilleure connaissance de soi, vision claire, développement des soft skills telles que l’assertivité, …)

Votre résilience.

Toutes ces étapes aussi longues et pénibles soient-elles vous permettront de vous reconstruire mais aussi, et surtout, de développer votre résilience. C’est le « cadeau caché » de cette épreuve. Son emballage était certes affreux et ne présupposait pas qu’il y avait quelque chose de bien à l’intérieur. Et pourtant, il était là pendant tout ce temps. Attendant le bon moment pour se révéler.

 « La résilience est la capacité à faire face aux adversités de la vie, transformer la douleur en force motrice pour se surpasser et en sortir fortifié. Une personne résiliente comprend qu’elle est l’architecte de sa propre joie et de son propre destin. »

L’un des enseignements que je tire est la conviction que, quel que soit le degré de difficulté d’une épreuve, quand on l’a surmontée, nous sommes proportionnellement plus forts. Surmontez une petite difficulté et vous ferez de petits apprentissages, surmontez une épreuve extrêmement pénible vous en sortirez extrêmement fort.

Tournez la page et écrivez un nouveau chapitre de votre vie !

Sortir d’un burnout c’est la fin d’une épreuve et c’est aussi le nouveau chapitre de votre vie. Vous serez toujours la même personne mais autrement. Cette épreuve aura fait ressortir des forces et des ressources que vous ne soupçonniez même pas. Elle vous aura demandé de développer des aptitudes que vous n’aviez pas avant. C’est sur cette base que vous construirez votre nouvelle vie. Vous serez beaucoup plus conscient, vous ferez vos propres choix, …

Chacun développera ses propres forces selon ses besoins et selon ce qui lui faisait défaut avant. Il est important d’en prendre conscience et d’intégrer tous ces apprentissages à votre quotidien.

Le burnout ne peut pas être inutile.

Il doit servir à quelque chose.

Toutes ces souffrances doivent avoir un sens.

S’il a un sens c’est bien celui de vous apprendre à cultiver votre bien-être, la base la plus solide qui soit pour vous permettre de voler vers la vie qui vous convient. Et, est-il nécessaire de l’ajouter ? D’éviter une rechute. Cela arrive malheureusement notamment quand on nie ce qui nous arrive, quand on reprend trop vitre le travail ou qu’on oublie trop vite.

Vous vous ne ferez pas partie de ceux-là. Vous transformerez l’épreuve et deviendrez plus fort que jamais ! Il ne s’agit pas de la force du guerrier mais celle qui vous guidera dans vos choix, qui vous apprendra qui vous êtes, ce dont vous avez besoin et ce dont vous ne voulez plus. Celle qui vous apprend à revenir à vous, à ce qui est essentiel et à prendre du plaisir à chaque instant !

J’ai fait un burnout, j’en suis sortie, je suis une résiliente !

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